Le syndrome « Iran derangement syndrom »

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Iran Derangement Syndrom ou le Récit du financement de la propagande visant à la normalisation des relations entre Israël et le Liban.

«Les mots des salauds arment les bras des imbéciles»

(Théories de Théories, p. 149) Charles Dantzig.

Le banquier Antoine Sehnaoui et Jeremy Chaabane, le conseiller média de Bahaa Hariri, fils aîné de l’ancien premier ministre libanais, deux des gros financiers de la campagne de normalisation libano-israélienne.

Saleh Nihad Machnouk, fils de l’ancien ministre de l’Intérieur, chantre de la reddition à l’imperium israélien.

Le Hezbollah a combattu plus longuement et durablement Israël que les quatre pays arabes du champs de bataille, infligeant davantage de pertes matérielles et humaines à l’état hébreu que la totalité de ces pays réunis  (Egypte, Syrie, Jordanie, Liban, en sus de l’OLP) durant ses nombreuses confrontations avec l’Etat hébreu (1982-2000, 2006, 2024-25 et 2026).


Le syndrome « Iran derangement syndrom »

Sur fond du quadrillage militaire du Liban par l’Otan, une campagne intitulée « Le Liban ne veut pas la guerre » a été lancée en vue de faire pression sur le pouvoir et l’opinion libanaises afin de favoriser une normalisation des relations entre le Liban et Israël.

Et pour cause: le Liban est le seul pays arabe à avoir abrogé un traité de paix avec l’Etat Hébreu, conclu en 1983, sous la mandature du président phalangiste Amine Gemayel, par suite d’un soulèvement de la population de Beyrouth.

Le Liban est en outre l’unique pays arabe à avoir obtenu le retrait israélien du sud liban, en l’an 2.000, sans négociation, ni traité de paix, grâce au Hezbollah.

Deux exploits qui expliquent l’acharnement du camp pro-israélien du Liban – le leadership chrétien et les personnalités musulmanes gravitant dans l’orbite saoudienne– à faire plier le Hezbollah.


La campagne a été lancée dès le début des hostilités israélo-libanaises, déclenchées dans la foulée du raid du mouvement islamiste palestinien Hamas, contre Israël, le 7 octobre 2023, révèle le journal libanais Al Akhbar, en date du 24 mars 2026.

Des panneaux muraux, sous forme de placards publicitaires, sont apparus dans les rues de Beyrouth avec le mot d’ordre « Le Liban ne veut pas la guerre ».

Ce mot d’ordre, en apparence pacifiste, visait, en fait, à inciter la population libanaise à se désolidariser du Hezbollah, le fer de lance du combat anti-israélien au Liban, ajoute le quotidien libanais, explicitant la substance de ce slogan: Mener une guerre contre le Hezbollah, –la formation qui défend l’indépendance et la souveraineté du Liban, en substitution à la défaillance de l’armée libanaise–, et non contre l’ennemi officiel du Monde arabe.

Sur l’armée libanaise, cf ces liens:

« De quel droit » a été l’un des grands thèmes de cette campagne

En 2024, une des affiches publicitaires avait été sévèrement critiquée parce qu’elle avait pris comme illustration, sans son autorisation, la photo de la famille d’Issam Abdallah, une personne tombée sur le champ de bataille. La famille du défunt avait exigé la destruction de l’affiche, proclamant son soutien à la résistance libanaise.

La campagne pro-normalisation a baissé en intensité durant la période du cessez-le-feu (fin 2024-2025). Une période qui avait permis, sous la tutelle saoudo-américaine, l’accession au pouvoir du président Joseph Aoun et du premier ministre Nawaf Salam, un tandem favorable à la conclusion d’un traité de paix avec Israël.

Les révélations de « Beirut Revue »

Jeremy Chaabane est le conseiller média de Bahaa Hariri, fils aîné de l’ancien premier ministre libanais et un des gros financiers de la campagne de normalisation libano-israélienne.

Le site « Beirut Revue » a révélé le 21 Mars 2026 que la campagne était alimentée par des journalistes et activistes bénéficiant d’un financement extérieur en vue d’obtenir l’abolition de la législation concernant la criminalisation de la normalisation entre le Liban et Israël. Cette campagne a été financée par le publiciste Tony Boulos.

« Beirut Review » s’est fondé sur des informations recueillies auprès des services de sécurité libanais.

Ces campagnes, précise le site, ont été financées directement par Ahmad Maher Chaabane, plus connu sous le pseudonyme de Jeremy Chaabane, conseiller média de Baha’ Rafic Hariri, fils aîné de l’ancien premier ministre de Rafic Hariri.

Résolument pro-israélien, et éternel candidat aux responsabilités gouvernementales en substitution de son frère cadet Saad Hariri, Baha’ Hariri a fondé en 2011, à Washington, le « Centre Rafic Hariri pour les études du Moyen Orient » au sein de l’Atlantic Council », un important lobby pro-israelien basé à Washington, dont il est membre de son Conseil d’Administration.

Selon « Beirut Review », le montant d’un des virements s’est élevé à cent mille dollars (100.000). Ainsi en 2024, les Israéliens ont réussi à placer auprès des médias libanais des articles rédigés par leur service par l’entremise d’un groupe opérant depuis depuis le Royaume Uni.

Les articles publiés dans les médias libanais sont ainsi repris par les médias israéliens pour démontrer que l’opinion libanaise est hostile au Hezbollah. Puis, à leur tour, les médias libanais reprennent les commentaires des médias israéliens sur ce sujet pour justifier leurs propres analyses.

Belle illustration de la circulation circulaire de l’information, selon la célèbre formule du sociologue français Pierre Bourdieu.

Autrement dit, Israël s’appuie sur ses fake news pour accréditer ses propres thèses. Plus crûment, Israël fabrique un mensonge et finit par croire à son propre mensonge. De l’auto intoxication, en somme.

La firme META, en date du 27 août 2024, avait publié un rapport dans lequel elle apportait un démenti formel concernant son implication dans la campagne de propagande défaitiste articulée sur le thème « Le Liban ne veut pas la guerre ».

META avait précisé à l’époque que cette campagne avait été lancée par une société vietnamienne LT MEDIA sur la base d’un budget de 1,2 millions de dollars, ciblant le Liban, les Etats Unis, le Royaume Uni, la France et le Qatar, via 69 pages et 112 comptes Facebook ainsi que 49 comptes Instagram.

META a supprimé ces comptes en arguant qu’ils violaient la politique de la firme concernant les ententes illicites.

Preuve est faite, une fois de plus, que le Liban ploie sous la loi du Roi dollar, sous prétexte de « démocratie » et de « libre entreprise », conclut le quotidien libanais.

-Saleh Nihad Machnouk, fils de l’ancien ministre de l’intérieur, chantre de la reddition à l’imperium israélien

Au lendemain du cessez-le-feu proclamé entre les Etats Unis et l’Iran, le 8 avril 2026, alors que le Liban ployait sous un déluge d’obus déversait par l’aviation israélienne, Salah Nihad Machnouk, fils de l’ancien ministre de l’intérieur du gouvernement Saad Hariri, a lancé à une virulente attaque contre le Hezbollah libanais.

“Beyrouth brûle pour la survie de Téhéran “, accusait-il.

“Vous n’êtes pas des agents. Les grandes puissances protègent leurs agents. Vous n’êtes que des mercenaires… Israël défend son peuple. Vous êtes des mercenaires qui défendent le régime de Khamenei”,  s’est écrié Saleh Machnouk, qui est l’héritier politique d’un clan sunnite de Beyrouth.

Saleh Nihad Machnouk est  le petit neveu du fondateur du clan, Mohammad Machnouk, qui fut dans la décennie 1960, le chef de file du courant pro-nassérien à Beyrouth.

D’autres digitalistes, notamment Nadim Koteich, ancien directeur de la déclinaison arabophone de la chaîne britannique Sky News, propriété des Emirats Arabes Unis, par ailleurs chroniqueur du journal israélien Jerusalem Post, ainsi que Hadi Mrad et Makram Rabah, ont emboité le pas à Saleh Nihad Machnouk estimant que “Le Liban est sous occupation iranienne”, justifiant le carnage israélien en prétendant que les combattants du Hezbollah se terraient dans les domiciles des personnes privées”.

The Iran derangement syndrom

“Sayyed Hassan Nasrallah a été assassiné, alors que Téhéran passe des nuits tranquilles”, s’écriait, démagogique, un des digitalistes lors de l’assassinat du chef mythique de la formation paramilitaire chiite, gommant de sa mémoire les raids répétitifs israélo-américains de juin 2025.

Le Hezbollah a-t-il suicidé le Liban pour le compte de l’Iran, comme le clamait, inconsistant, l’Orient-Le Jour, le quotidien de la grande bourgeoisie libanaise, –un lectorat francophone ultra minoritaire- à la reprise des hostilités en février 2026 ?

Ou le Hezbollah s’est-il substitué à la passivité de l’armée libanaise pour la défense de l’intégrité du territoire national, de la souveraineté du Liban et de son indépendance? Ou, mieux, la reptation d’une fraction de la population libanaise, particulièrement le tandem exécutif, devant les oukases israélo-américano-saoudiens, est-elle en train de saborder sûrement le Liban au profit d’une caste mercantile, qui gangrène le Liban depuis son indépendance?

L’ouverture des pourparlers directs libano-israélien à Washington, à la date hautement symbolique du 14 avril 2026, marquant le déclenchement de la guerre civile libanaise du 13 avril 1975, ranime le spectre de la guerre civile qui a ravagé le Liban pendant 15 ans (1975-2000), alors que Samir Geagea, chef des forces libanaises, le fossoyeur du leadership chrétien , ancien allié d’Israël désormais de l’Arabie saoudite, souffle sur les braises incandescentes de la dissension inter-confessionnelle.

Sur Samir Geagea, cf ce lien

Indice patent d’une cécité totale d’une large fraction du leadership traditionnel libanais, les Palestiniens, jamais tant méprisés, ont ouvert leurs camps de réfugiés décrépis pour accueillir les libanais chassés de leur domicile par les raids incessants de l’aviation israélienne.

Sur ce point, cf ce lien

  • https://orientxxi.info/Au-Liban-les-refugies-palestiniens-accueillent-les-deplaces

Ah le syndrome de Vichy, la collaboration de la France pétainiste avec l’Allemagne nazie, qui gangrène une bonne fraction du leadership libanais et qui souille “la tendre mère des Libanais” de stigmates indélébiles.

L’accord irano-américain, conclut le 19 juin 2026, incluant le Liban a constitué un camouflet retentissant au leadership libanais, plongeant dans un coma politique le duo constitué par le président Joseph Aoun et le premier ministre Nawaf Salam en ce qu’il révèle l’aberration mentale patente du tandem au pouvoir, qui rompt ses relations avec l’Iran, –lequel le soutient dans sa résistance aux agressions répétées israéliennes–, et négocie avec l’Etat hébreu, en dépit des agressions répétées israéliennes.

Mieux: Le refus israélien de se retirer du Liban risque, selon toute vraisemblance, de renforcer le Hezbollah au lieu de l’affaiblir en ce que la présence israélienne au sud Liban rend problématique toute possibilité de désarmer le Hezbollah, au grand dam des “souverainistes” libanais.

Epilogue

….“Sous le gouvernement de Vichy, ils étaient passés maîtres dans un seul art, celui de la négociation. Ils négociaient tandis que les chars allemands passaient derrière et devant eux et remontaient les Champs-Élysées avec l’assurance du vainqueur.

…” Ils s’asseyaient autour de la table, ajustaient bien leurs nœuds de cravate, se vaporisaient d’un léger parfum parisien et signaient papier après papier, puis levaient les yeux avec légèreté et faisaient un clin d’œil coquin à l’occupant. En face, il y avait cette malédiction qu’ils appelaient alors terreur ou banditisme, celle-là même qu’on nommera plus tard résistance.

C’était la Résistance française, qui n’était invitée à aucun dîner, et bien sûr à aucune négociation, celle qui payait de son sang, se faisait déporter, exécuter sur les places publiques, juger, et qu’on affublait des étiquettes les plus infâmes…

Pour aller plus loin sur le même thème, cf ces liens

Sur la collaboration entre Israël et les milices chrétiennes libanaises durant la guerre civile (1975-2000)

Illustration

Donald Trump répond aux questions des journalistes, le 9 septembre 2026. © Jacquelyn Martin / AP Photo

SOURCE

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