Hommage à Paul Vieille – Tables rondes
    Colloque international Méditerranée/Mondialisation – Hommage à Paul Vieille – Peuples méditerranéens.

    Sénégal, pas de président à vie

    Par Chekib Abdessalam

    Suspens-dénouement

    Aprés un long et dramatique suspens, le président Macky Sall du Sénégal vient d’annoncer qu’il ne sera pas candidat aux prochaines élections de son pays prévues en février 2024. Il aura fallu plusieurs années de bidouille constitutionnelle et de test puis d’opposition frontale dans la rue pour aboutir à ce résultat.

    Dans son allocution qui semble décidée sous la contrainte des événements tragiques de ces dernières semaines qui ont entrainé une trés large contestation réprimée dans le sang puisqu’il y a bien eu des dizaines de morts lors des récentes manifestations dans le pays, le président Macky Sall annonce donc qu’il ne sera pas président à vie mais apporte toutefois un bémol en déclarant qu’il avait le droit de se présenter à un troisième mandat, objet de toutes les polémiques et diverses oppositions.

    S’affranchir

    L’Afrique doit s’affranchir de la soif et du gout du pouvoir excessifs, des bidouillages, de la criminalisation des opposants et souvent de la presse, des coups d’États militaires ou constitutionnels qui gangrènent le continent et ne constituent en dernier ressort qu’un obstacle majeur, un frein au développement, à l’épanouissement, à la libre expression de chacun et au bien-etre.

    Porte de sortie

    Est-ce pour montrer qu’il se ménage une porte de sortie, ou plutôt un possible retour ou une rédemption, le moment de l’oubli venu, ou est-ce qu’il se voit laché par quelque soutien important sur la scène nationale, régionale, voir internationale ? En tout état de cause, le président Macky Sall aura eu le mérite, nonobstant le bilan de ses premiers mandats qui se feront en leur temps, de prendre une décision qui certainement permet, d’ores et déjà, d’éviter un nouveau bain de sang sans doute accompagné de déprédations, de rancoeurs et de non-retours préjudiciables voir néfastes au Sénégal et aux Sénégalais dans leur ensemble. La lumière, et donc la justice, devra être faite sur les morts des heurts récents qui ont eu lieu notament dans les rues de la capitale Dakar mais aussi dans d’autres villes et agglomérations sénégalaises.

    Le président Macky Sall a-t-il été laché par des proches du pouvoir, des milieux sécuritaires, de la sphère partisane ou de la société civile ? Sommes-nous en présence d’une posture ? L’avenir nous le dira. Il est encore trop tot pour répondre à de telles interrogations.

    diplome de la bidouille
    le diplome de la bidouille

    affrontements-Dakar

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