Hommage à Paul Vieille – Tables rondes
    Colloque international Méditerranée/Mondialisation – Hommage à Paul Vieille – Peuples méditerranéens.

    Compte rendu

    Le Déréglement du monde

    Amin Maalouf

    D’après Amin Maalouf dans son essai, Le dérèglement du monde tient entre autres :

    a- au non-respect des États dominants, de leurs valeurs propres dans leur relation avec les autres peuples dominés,

    b– à la non acceptation des autres Nations avec toutes leurs différences ;

    c- à l’évolution inversement proportionnelle de la morale par rapport à l’évolution matérielle ou technique.

    Pour corriger la tendance, l’auteur propose « le sursaut » face à la « dérive ».

    Les superpuissances qui ont gouverné les pays colonisés et les différents peuples n’ont pas respecté leurs valeurs dans leurs relations avec les peuples dominés. Nos civilisations sont en faillite : l’Occident tourne le dos à ses valeurs et l’Orient s’enferme dans une impasse. « La valeur primordiale est l’UNIVERSALITÉ, à savoir que l’HUMANITÉ est UNE. Diverse mais UNE. ». Tous les États de la planète bleue sont pour le respect des droits de l’homme et de la vie, donc contre la discrimination basée sur la couleur, le sexe, la langue, la religion, les us et coutumes… En réalité, si les droits de l’homme sont bafoués, l’Humanité tout entière est trahie. Toutes ces populations différentes, et que l’évolution du monde oblige à se côtoyer en permanence, devront vivre ensemble en harmonie et en paix : « Accepter l’autre tel qu’il est avec ses différences physiques ou culturelles multiples ; mais surtout aller vers la personne elle-même, dans son individualité ».

    Par ailleurs, l’évolution matérielle de la technologie médiatique fait que l’information est échangée avec une célérité inouïe ; elle fait le tour du globe rapidement, alors que l’évolution morale, trop lente vis-à-vis de sa progression matérielle, devrait augmenter son accélération, s’élever au niveau de notre essor technologique, ce qui exige une « révolution comportementale ».

    En somme, l’auteur invite l’humanité à choisir entre deux visions de l’avenir :

    1. « Une humanité partagée en tribus planétaires » qui se guerroient et se haïssent : « Plusieurs civilisations qui s’affrontent, mais qui culturellement s’imitent et s’uniformisent ».

    Ou

    2. Une « humanité consciente de son destin commun, réunie par là autour des mêmes valeurs essentielles mais continuant à développer les expressions culturelles les plus diverses, préservant toutes ses langues, ses techniques, sa mémoire, sa sensibilité, son savoir, ses traditions artistiques ».

    Pour suivre la première voie, « il suffit de continuer à dériver au gré des vagues comme on le fait aujourd’hui ».

    Alors que choisir la deuxième voie « nécessite de notre part un sursaut », un éveil énergique.

    Il faudra choisir ce qui nous unit et repousser ce qui nous divise.

    Adopter les principes immuables :  

    1. la défense de la vie humaine,

    2. l’interdiction des guerres,

    3. l’interdiction de la course à l’armement.

    Toutes les nations de la terre devraient appliquer ces principes et les respecter.

    Néanmoins, l’humanité tout entière est-elle capable et prête à faire ce détour ?

                                                                                                                                                                           Kamal Medawar